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ARCHIVÉE - Vision photographique du Canada :
La mémoire d'une nation

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Essais

Peuples autochtones

Photo montrant des élèves autochtones, garçons et filles, ainsi que des religieuses et deux hommes à l'extérieur d'un pensionnat autochtone, vers 1890
Élèves et religieuses d'un pensionnat autochtone
Lieu inconnu, vers 1890
Photographe : H.J. Woodside
PA-123707
Source

La photographie a agit de façon importante dans les relations compliquées entre la collectivité canadienne dominante et les peuples autochtones. À la fois outil documentaire et forme d'art, la photographie a entraîné l'introduction et la transmission de stéréotypes des plus persistants. Il est à souhaiter que l'examen des photos dans une perspective contemporaine provoquera des remises en question et permettra de replacer les images dans leur contexte.

Depuis l'invention des techniques de photographie, les photographes ont cherché des occasions de produire des images des peuples et de la géographie du monde. Ainsi, chargés de documenter l'exploration des territoires du Canada, des photographes ont participé aux voyages d'exploration  --  soit par voie maritime comme l'a fait l'officier français Paul-Émile Miot, dont les photos comptent parmi les toutes premières du Canada atlantique et des Micmacs, soit par voie terrestre, comme l'a fait Humphrey Lloyd Hime, photographe de l'expédition pour explorer l'Assiniboine et la Saskatchewan.

Les photographes étaient conscients non seulement des applications ethnographiques de leur moyen d'expression, mais aussi de sa capacité esthétique à fournir de la documentation visuelle sur les peuples qu'ils croyaient membres d'une « race en voie de disparition ». Le photographe américain Edward S. Curtis a réalisé l'une des plus grandes initiatives de ce genre, la série The North American Indian. Regroupant plus de 20 volumes de photogravures accompagnées de textes, cette série comprend des portraits de personnes et des scènes de la vie quotidienne, pris dans des collectivités autochtones à l'ouest du Mississippi, sur la côte ouest du Canada et dans les régions subarctiques.

L'une des périodes les plus sombres de la relation entre le Canada et les Autochtones est celle où le gouvernement a retiré des milliers d'enfants autochtones de leur famille et les a faits fréquenter des pensionnats, dans le cadre d'une démarche visant à les forcer à s'assimiler à la culture dominante. Ce drame a eu de profondes répercussions, qui se font sentir encore aujourd'hui. Les photos de ces enfants devant les écoles rurales et leurs portraits pris avant et après leur transformation (où l'on voit qu'ils ont délaissé coiffures et vêtements traditionnels pour adopter une tenue euro-canadienne) comptent parmi les images les plus tragiques de la collection de Bibliothèque et Archives Canada.

Bien que cette période dans l'histoire de la photographie témoigne éloquemment des périodes difficiles vécues par les peuples autochtones, elle commémore aussi le souvenir de gens et d'événements qui méritent les honneurs et dont on peut être fier. La collection comprend entre autres des portraits de Gabriel Dumont et de Louis Riel, chefs métis de la Rébellion du Nord-Ouest de 1885, de Pauline Johnson, considérée comme l'un des premiers poètes autochtones du Canada, et de Tom Longboat, un des plus grands athlètes du Canada.