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ARCHIVÉE - L’Archiviste

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À l’automne de 1934, le secrétaire provincial et ministre de l’Éducation de la Colombie- Britannique, M. George M. Weir, pressent Lamb pour une nomination éventuelle au poste de bibliothécaire et d’archiviste provincial à Victoria. Lamb accepte son offre et prend la direction de cinq personnes installées dans une aile des édifices du Parlement. En évaluant son expérience archivistique de l’époque, Lamb reconnaîtra qu’à ce stade, ses contacts avec les documents d’archives avaient été limités presque exclusivement à la recherche sur des documents non gouvernementaux dans les dépôts d’archives de manuscrits du Royaume-Uni. Il ne pouvait pas trouver d’aide auprès de spécialistes canadiens de l’archivistique, car la profession n’en était qu’à ses premiers balbutiements. Il consulte donc le Manual of Archives Administration de Hilary Jenkinson, mais cet ouvrage ne lui est guère utile, car « de l’avis de Jenkinson, seuls les documents officiels qui ont été constamment sous la garde des autorités peuvent être considérés comme des archives ». Il ajoute que Jenkinson « n’aurait guère vu dans les Archives provinciales de Colombie-Britannique, avec leur petite collection de documents officiels et leur accumulation bien supérieure de manuscrits historiques, de transcriptions, etc., que de la bouillie archivistique pour les chats »5.

La manière dont Lamb envisage l’administration des archives est fort simple : « chercher des solutions pratiques à des problèmes pratiques »6. Aux Archives provinciales, sa priorité essentielle consiste à améliorer la gestion de l’espace pour assurer un meilleur accès aux archives existantes. Son deuxième objectif réside dans l’acquisition de documents gouvernementaux postérieurs à la Confédération. En dépit de tous ses efforts, Lamb ne réussira pas à obtenir la loi qui réglementerait la disposition des documents gouvernementaux et assurerait le transfert des documents historiques à son institution. Il attribuera son échec à deux facteurs : l’« absence de locaux où pourrait être transféré un volume important de documents », et une vieille bête noire à lui qu’il appelle « la fixation sur 1871 : l’impression généralisée que les Archives ne doivent s’occuper que des premiers jours de l’exploration et de la période coloniale, qui a pris fin en 1871, lorsque la Colombie-Britannique s’est jointe au Canada »7.

Bien des années après, à titre d’Archiviste fédéral, Lamb se heurtera à des problèmes semblables sur la scène fédérale, où il s’efforcera de persuader le gouvernement de la nécessité d’une expansion physique des Archives publiques et de la mise en œuvre d’un programme de gestion des documents officiels. Dans un contexte plus favorable résultant, d’une part, de l’augmentation extraordinaire de la production de documents gouvernementaux après la Deuxième Guerre mondiale et, d’autre part, de la possibilité de disposer des ressources nécessaires au changement, ses initiatives seront couronnées de succès. On y verra quelques-unes de ses plus grandes contributions apportées à l’archivistique8.

En 1936, soucieux d’encourager la recherche et les écrits historiques sur la Colombie- Britannique, Lamb lance le British Columbia Historical Quarterly et dirige des efforts fructueux pour augmenter les effectifs de la British Columbia Historical Association. Dans ses mémoires, il décrira en détail la mise sur pied de son projet de publication et les dix années qu’il y consacrera comme rédacteur en chef. Il sera plus tard reconnu pour ses travaux impressionnants dans le domaine de l’édition historique, en particulier d’ouvrages relatifs à l’exploration, comme les journaux de sir Alexander Mackenzie et de George Vancouver.

Dans le cadre de son double mandat de bibliothécaire provincial et d’archiviste de la Colombie-Britannique, il reprend du service auprès des bibliothèques, où il avait fait ses premières armes dans un emploi à mi-temps à la bibliothèque de l’UBC durant ses études supérieures. Lorsqu’il est nommé surintendant et secrétaire de la Public Library Commission, en 1936, le service régional de bibliothèque le plus important du Canada vient s’ajouter à ses attributions. De nouveaux défis l’attendent lors de sa nomination au poste de bibliothécaire de l’UBC en septembre 1940. Ce faisant, il réintègre une institution qui va connaître des changements radicaux du fait de l’expansion de l’après- guerre. Lamb parlera des années 1945 à 1948 comme d’« une époque extrêmement éprouvante où les anciens combattants arrivaient en foule, et nous avons dû essayer de répondre aux besoins de 9 300 étudiants avec des installations destinées à en servir au plus 1 800 »9. Il réussira à obtenir des fonds pour construire des locaux supplémentaires et collaborera étroitement avec les architectes à la conception de l’édifice, qui sera terminé en 1948.

Pendant son passage à l’UBC, on demande à Lamb de se charger de la création d’une Bibliothèque nationale en tant que président de la Canadian Library Association. À ce titre, il rencontre le premier ministre Lyon Mackenzie King en juin 1948. King est tellement impressionné qu’il affirmera à J.W. Pickersgill (qui compte alors au nombre de ses collaborateurs) : « Cet homme devrait être placé sur-le-champ à la tête des Archives »10. Trois mois plus tard, Lamb sera nommé Archiviste fédéral et, 5 ans après, Administrateur général de la Bibliothèque nationale.

C-006057 : William Kaye Lamb, Archiviste fédéral de 1948 à 1969

William Kaye Lamb, Archiviste fédéral de 1948 à 1969. Collection William Kaye Lamb.
C-006057

L’apprentissage d’une noble profession

Dans l’éloge de la carrière de M. Wilfred I. Smith qu’il rédigea en 1998, Ian E. Wilson, alors archiviste provincial de l’Ontario, parlait de l’héritage que l’ancien Archiviste fédéral avait laissé aux Archives nationales, à savoir son style de direction : « Wilf a introduit une conception plus moderne de l’administration en déléguant, en recrutant un groupe de direction compétent, en élargissant la participation à l’acquisition de documents privés et (pour employer la terminologie actuelle de la gestion) en habilitant les employés11. »Si, désireux de se renseigner sur les débuts dans la vie de M. Smith, on consulte ses documents personnels conservés aux Archives nationales du Canada, on pourra en tirer quelques lueurs sur les expériences qui ont contribué à former son caractère et à lui faire acquérir les compétences intellectuelles et administratives qu’il allait mettre au service de l’institution durant les années qu’il a passées à sa tête. Les années qui précèdent son passage aux Archives sont bien connues grâce à des lettres, des journaux personnels, des dossiers militaires, des photographies ainsi que les dossiers concernant ses études et ses activités universitaires. La série de lettres adressées à sa famille possède une valeur toute particulière. Riches en anecdotes, ces missives racontent ses années d’études à l’Acadia University, celles où il a fréquenté les universités du Manitoba et de la Saskatchewan à titre d’étudiant de deuxième et de troisième cycles et de membre du personnel enseignant, et surtout le temps qu’il a passé comme officier canadien dans l’armée de terre britannique au cours de la Deuxième Guerre mondiale.

Wilfred I. Smith est né le 20 mai 1919 à Port La Tour, un petit village de pêche sur le littoral atlantique de la Nouvelle-Écosse. De 1938 à 1939, après avoir obtenu un brevet d’enseignement au Provincial Normal College de Truro, il enseigne aux élèves de la première à la dixième années dans l’unique pièce de l’école de Villagedale. L’automne suivant, à 20 ans, il est promu au poste de directeur d’une école rurale de deux pièces à Jordan Falls, où un grand nombre d’élèves ont sensiblement le même âge que lui. Smith consigne dans son journal personnel de brèves descriptions de l’actualité et de ses activités journalières au cours de ces années. Ces notes nous donnent un aperçu de ses responsabilités initiales à titre d’instituteur, d’administrateur d’école et d’entraîneur d’équipes sportives, mais aussi de son intérêt pour les événements relatifs à la guerre en cours.

Ayant reçu, au Teachers College, une bourse couvrant les frais de scolarité d’une année et désireux de faire partie de l’équipe athlétique de l’université, il s’inscrit à l’Acadia University en 1940. Il habitera alors sur le campus de l’université, à Wolfville, où il entamera une correspondance régulière avec sa mère et d’autres membres de sa famille. Il y décrit ses activités universitaires, de même que ses exploits sportifs et d’autres activités personnelles, notamment son instruction militaire. Ses lettres révèlent son intérêt croissant pour les études historiques, qui le poussera à obtenir un baccalauréat spécialisé en histoire en 1943 et, après son retour de la guerre, une maîtrise dans le même domaine.

La plupart des lettres personnelles écrites par Smith au cours de cette période révèlent que son désir le plus cher est de s’enrôler dans l’armée de terre canadienne comme officier et de servir au front en Europe. Durant ses années d’étudiant du premier cycle à Acadia, une bonne partie des loisirs de Smith, de même que les mois d’été, se passent à fréquenter les camps d’instruction comme membre du Corps-école d’officiers canadiens (COTC). Après avoir reçu son diplôme en 1943, Smith passe trois mois au centre d’instruction des officiers de Brockville, en Ontario, où il termine avec succès sa formation d’officier d’infanterie. Il est alors affecté à l’instruction des fantassins en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick, avant d’être envoyé en Europe en avril 1944.

Notes :

  1. Ibid., p. 67.
  1. Ibid.
  1. Ibid., p. 70-71.
  1. Voir l’article de Ian E. Wilson, « A Noble Dream : The Origins of the Public Archives of Canada », dans Archivaria, no 15, hiver 1982-1983, p. 35; Danielle Lacasse et Antonio Lechasseur, Les Archives nationales du Canada, 1872-1997, Société historique du Canada, Brochure historique no 58, p. 17.
  1. Fonds W. Kaye Lamb, MG 31 D 8, vol. 18, dossier 7, p. 127.
  1. J.W. Pickersgill, « Kaye Lamb in Ottawa », dans Archivaria, no 15, hiver 1982-1983, p. 5.
  1. Ian E. Wilson, « In Memoriam Dr. Wilfred I. Smith : An Archival Tribute », dans Archivaria, no 46, automne 1998, p. 176.

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